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LE MONT RUSHMORE DES MÉDIAS QUÉBÉCOIS

Par Réjean TREMBLAY

Publié le

Crédit photo : La boîte verte

LECAVALIER, VERCHEVAL, MACHABÉE, HOUDE

Les gars se sont amusés hier à reconstruire leur Mont Rushmore des grandes équipes de hockey. Dans le Dakota du Sud, on a sculpté les têtes de quatre grands présidents des États-Unis : George Washington, Thomas Jefferson, Abraham Lincoln, et Theodore Roosevelt.

Raynald Brière  de RNC Média, Yvon Michel, l’humble et Marcel Aubut à Black Hills devant les sculptures du Mont Rushmore.

À Montréal, ça donnait le visage sculpté dans le roc de Maurice Richard, de Jean Béliveau, de Guy Lafleur et de Patrick Roy. Ou on aurait pu ajouter Larry Robinson, Serge Savard et une douzaine d’autres grands du CH.

 Après l’émission de Max Lalonde, je cherchais qui on devrait retrouver sur le Mont Rushmore des grands commentateurs de télévision. Cette télé qui a complètement révolutionné notre façon de consommer le sport.

 J’ai consulté quelques personnes de confiance et de bon jugement. Mais c’est extrêmement injuste pour certains mis de côté. Mais en limitant à quatre les visages dignes de l’histoire, on ne peut faire l’unanimité. C’est évident. 

D’ailleurs, ne vous gênez pas de soumettre des candidatures ou vos choix personnels. À un moment donné, on va en reparler dans une poutine du vendredi. 

Évidemment, que si vous avez moins de trente ans, certains noms ne vous diront pas grand-chose mais vous remarquerez que ni Bill Clinton ou Joe Biden n’ont droit au Mont Rushmore.

Chez les commentateurs de télévision, le premier visage sur la montagne appartient à René Lecavalier. Son style dénué d’éclats et son français parfait ne cadreraient sans doute pas au style d’aujourd’hui mais il est plus que digne de la montagne éternelle.

Son camarade du côté anglophone, Danny Gallivan, a joué le même rôle de grand pionnier et de défricheur. Mais il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus.

À la place, j’ai gardé une tête, sans doute la plus belle, pour Chantal Machabée.  On oublie que Chantal a lu le premier bulletin de nouvelles de RDS et qu’elle a été une brillante reporter pour la télé alors qu’elle couvrait les aléas du Canadien. 

 Après, impossible de ne pas garder une tête pour Pierre Houde. Dans la télé moderne, il est l’équivalent de René Lecavalier. Sobre, précis, français impeccable, il a un ticket gagnant pour le Mont Rushmore.

 Ne reste plus qu’une tête à sculpter. J’ai pensé à Gilles Tremblay, à Yves Létourneau, à Guy Ferron aux Expos, à Denis Casavant. Mais je voulais un analyste et le meilleur, celui qui va être donné en exemple pour des années à venir, est Pierre Vercheval. Il est un modèle qu’on devrait étudier à l’ATM  de Jonquière ou dans les facultés de communication de nos universités. 

Mais j’ai oublié des commentateurs d’athlétisme comme Richard Garneau, ou comme Claude Quenneville et plusieurs autres dans plusieurs sports. Il y a de l’excellence au Québec.

JACQUES BEAUCHAMP, RED FISHER, PIERRE FOGLIA, BERTRAND RAYMOND

Et le Mont Rushmore de l’écrit ? Encore là, faut trancher en respectant l’histoire des médias et du journalisme au Québec. 

Le premier nom qui me vient en tête demeure Jacques Beauchamp. Pas pour son écriture ou son vocabulaire, c’est certain. Beauchamp écrivait  à la hache. Mais il a joué un rôle tellement important dans l’explosion du sport dans les grands journaux et magazines qu’on ne peut l’oublier. Même s’il a été contesté par une jeunesse qui s’est installée dans son royaume dans les années 70 et 80.

Et comment négliger le grand Red Fisher ? Du côté anglophone du Québec, il a régné en roi et maître jusqu’à la fin. En plus, il était gentil.

Et Foglia ? Pierre Foglia est sans doute le journaliste le plus célèbre de l’histoire du Québec. Personnellement, c’est le meilleur que j’ai lu dans les langues que je défriche. Y a pas un Américain, même Dick Young ou Jimmy Breslin, pas un Français ou un Espagnol ou Italien capable d’écrire du Foglia.

Mais certains oublient que Foglia était un fabuleux chroniqueur de sports à La Presse. Mon Œil sur le sport était une rubrique à part dans la vie sportive québécoise. Et qui a oublié ses reportages au Tour de France ? Ou ses portraits décapants et en même temps généreux des grandes personnalités du sport qu’il rencontrait ?

Juste quatre têtes à sculpter ! En reste une. François Gagnon, Philippe Cantin, Yvon Pedneault, Alexandre Pratt, Claude Larochelle, Claude Bédard, Marc DeFoy, Charlie Mayer, Jerry Trudel, Serge Touchette, le grand Pierre Gobeil, Louis Chantigny sont tous des candidats respectables et qui ont compté sur un vaste lectorat.

Mais j’ai réservé la quatrième tête pour Bertrand Raymond. Sa passion, son sens aigu de la compétition, son talent et sa capacité d’aller au cœur des athlètes qu’il aimait, lui méritent cet honneur. 

Mais encore là, les candidats sont nombreux et vos choix peuvent sans doute se défendre. Je suis curieux de les lire…

ROCKY BRISEBOIS, JEAN-MAURICE BAILLY, RON FOURNIER, DANIELLE RAINVILLE ET UN JOUR ALEX LANCTÔT

 Et la radio ! Enfant à Falardeau, j’écoutais la première période des matchs du Canadien à CBJ, la station de Radio-Canada, avec l’inimitable et très imité à l’époque Michel Normandin. Il a créé un style flamboyant qui marchait moins bien à la télé du Canadien mais qui est passée à l’histoire avec la lutte. Un, deux et trrrrrrrois clamait Normandin quand Doudou Carpentier collait les épaules de Killer Kowalski. 

Mais il n’y a que quatre têtes et la lutte, c’était la télé. Je pense que la première forte personnalité de la radio, le premier vrai commentateur absolument libre, aura été Rhéaume Rocky Brisebois. Les abreuvoirs du voisinage, c’est lui. Les Glorieux, c’est lui aussi. Un monstre sacré, une sacrée belle tête pour la montagne.

Impossible d’oublier Jean-Maurice Bailly et son extraordinaire émission de fin de soirée à la SRC. « À toi Jean-Maurice » mêlait musique et commentaires avec un art consommé.

Puis, Ron Fournier prend la troisième tête. Ron, Ron, Ron reste inoubliable et notre Maranda national nous permet d’entendre Oncle Ronald au moins une fois par semaine.

Bien sûr, il y a eu Pierre Trudel et Claude Mailhot. Et à Québec Marc Simoneau et Michel Villeneuve. Sans oublier Louis Chassé. 

 Mais si on parle de brassage de cabanes, de controverses, d’histoires à manchettes,  je pense que Danielle Rainville qui a œuvré à Québec et à Montréal, décroche la quatrième tête. En plus, elle a évidemment joué un rôle de pionnière dans une radio sportive…très masculine.

Je voulais garder une tête pour la relève. Si on décidait de sculpter une cinquième tête. Le toupet de Donald Trump par exemple. Et mon choix est alors Alex Lanctôt, le jeune du matin qui se fait garrocher dans le ring avec Maxim et Gilbert Delorme à 7 heures tous les matins.

 Juste pour ses bagarres épiques avec des points de vue indéfendables qu’on lui impose, il mérite une tête du Mont Rushmore…

 Mais encore là, que faire avec Jacques Doucet, Rodger Brulotte,  Mario Langlois ou Jean-Charles Lajoie.

Ça prendrait peut-être huit têtes !!!

Et je m’excuse à l’avance pour les oublis…

ÉditoLa uneRéjean Tremblay

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