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LES ÉQUIPES SONT LEURS PROPRES SCALPEURS

Par Réjean TREMBLAY

Publié le

 Les temps changent et vaut mieux s’y faire. La folie Lionel Messi au Stade Saputo en apporte une autre preuve.

Il n’y a pas si longtemps, dans un temps qu’Anthony Desaulniers a connu, le Canadien, les Alouettes ou l’Impact fixaient les prix des billets pour une saison et vendaient ces tickets en abonnements de saison en se gardant certains matchs pour une vente individuelle ou regroupée.

 L’aimable scalpeur du quartier scrutait le calendrier et avec une petite armée de revendeurs essayaient d’acheter à l’avance les billets qui risquaient d’être le plus en demande.

Trois ou quatre gars de Chicoutimi bravaient un abominable boulevard Talbot et s’en venaient à Montréal. Puis, ils se trouvaient un scalpeur qui criaient « discrètement » dans la face de la police « tickets, tickets for sale, tickets à vendre » et les gars négociaient le meilleur prix possible.

Parfois, un club plantait en milieu de saison et les scalpeurs mangeaient leurs profits en revendant à faible prix des billets payés plein prix en début de saison.

C’était une game qui s’est éternisée pendant des décennies.

MÊME PLUS CAPABLES D’ÊTRE MALHONNÊTES

 Donc, les temps ont changé. Grâce aux ordinateurs et aux systèmes mis en place comme Ticketmaster, les équipes sont devenues leur propre scalpeur.

Je le vis à chaque saison. Les matchs du samedi soir contre les Maple Leafs de Toronto se payent 422 $ LE ticket. Mais San Jose est à moins de 200 $. Les équipes pratiquent la vente dite « premium » en tablant sur la demande. Un match de Sidney Crosby coûte plus cher qu’une visite des Coyotes. Et grâce aux billets électroniques, les scalpeurs ont été obligés de laisser tomber leur place sur les trottoirs ou dans la rue.

Mais on constate avec le match de Lionel Messi qu’on peut pousser l’exercice de scalpeur encore plus loin. L’objectif du CF est de capitaliser au max avec la venue de Messi. L’organisation a déjà gagné la partie en vendant 15,000 abonnements de saison grâce au gros hameçon Messi. Il reste maintenant à Joey Saputo et ses cadres à déterminer jusqu’où ils peuvent plumer leurs clients.

Exactement comme les anciens scalpeurs au coin d’Atwater et Ste-Catherine.

Les plus jeunes savent déjà que cette pratique de capitalisme extrême directement liée à l’offre et la demande est appliquée pour Madonna, Taylor Swift et les autres spectacles à forte demande.

Ça s’appelle le progrès. La différence, c’est que l’argent de la plus-value tombe maintenant dans les poches des propriétaires des organisations et non dans celles du brave petit gangster qui se faisait geler les orteils dans la neige.

C’est génial, ça vous donne des équipes qui progressent à toute allure vers la prochaine Coupe Stanley.

DEUX GALAS À GUICHETS FERMÉS

 Les amateurs de boxe n’ont pas à courir les scalpeurs pour les galas du 7 mars avec Vanessa Lepage-Joanisse et Steve Butler et du 11 avril avec Erik Bazinyan qui sont présentés à guichets fermés au casino de Montréal.

Eye of the Tiger a prévu le coup il y a de nombreuses années en mettant sur pied son réseau Punching Grace. Ça finit toujours dans les coffres de l’organisation mais les amateurs privés d’une place en personnes, peuvent suivre les combats à la télé ou sur leur ordinateur.

Ça aussi, sans que ça paraisse trop, ça s’appelle le progrès.

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