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« UN ANGE NOUS A DONNÉ JORDAN UNE SEMAINE DE PLUS »

Par Réjean TREMBLAY

Publié le

Georges Laraque sur une affiche de prévention lors l’épidémie du syndrome du bébé secoué à Edmonton en 2003

Crédit photo : Capital Health District

 OU COMMENT BIG GEORGES A VAINCU L’ANXIÉTÉ 

Préparez-vous à faire quelques prières.  

Bob Probert, Wade Belak, Derek Boogaard, Steve Montador, John Kordic, Rick Rypien, Todd Ewen et dernièrement Chris Simon. Tous ces bagarreurs sont morts prématurément. La plupart se sont suicidés parce que les conséquences des commotions cérébrales et des problèmes atroces de consommation leur rendaient la vie impossible à supporter.

Ça n’empêche pas certains de mes collègues de défendre becs et ongles les bagarres au hockey. 

Pas assez de morts encore.

Mais certains s’en sortent mieux que d’autres. Chris Nilan grâce à Serge Savard et au Canadien qui en ont pris soin. Enrico Ciccone qui a trouvé une mission dans l’éducation des jeunes hockeyeurs en est un autre.

Mais celui qui a le plus transféré l’énergie des bagarres et de la violence en une cause de vie est Georges Laraque.

Vous le connaissez. Georges est végane. Il est vert. Il est impliqué dans toutes les causes caritatives que vous pouvez imaginer. Si un enfant le réclame à St-Jérôme, Georges va battre le trafic pour aller le rencontrer et l’encourager.

Mais Big Georges s’est battu contre Bob Probert et contre tous les durs de la Ligue nationale. 

Et vous voulez savoir ? Oui, Georges avait peur. Il souffrait d’anxiété. Mais il a choisi un autre chemin que la coke, les speeds et l’alcool pour survivre.

-« Tu sais Big, quand j’ai été confronté à la peur et à l’anxiété, je n’ai pas touché à l’alcool ou à la coke comme de nombreux de mes adversaires. J’ai choisi des voies naturelles et spirituelles pour faire face à ces démons…

-« Quand j’étais jeune et désemparé à Sorel, j’ai prié Dieu : « Si Tu m’aides à passer à travers et à atteindre la Ligue nationale, je jure que je vais tout faire pour redonner ce que j’aurai reçu », que je me suis engagé. C’est pour ça que je n’ai jamais refusé une visite ou une œuvre de charité. Des fois, les joueurs en font trois ou quatre dans une année, moi, je faisais ça en une semaine. 

Crédit photo : Yahoo sports

-« Que ce soit à Pittsburgh, à Edmonton ou à Montréal, j’ai toujours visé la même implication. D’ailleurs, j’ai toujours reçu le trophée soulignant le travail avec la communauté pendant toutes ces saisons. Y a juste à Phoenix où c’était plus difficile, les enfants ne connaissaient pas les joueurs de l’équipe. D’ailleurs, j’ai demandé à être échangé. 

-« Quand je suis arrivé avec le Canadien, je suis tout de suite allé voir Geneviève Paquette de la Fondation du CH pour lui demander quelles œuvres pouvaient avoir besoin de moi trois ou quatre fois par semaine…

Crédit photo: JEFF VINNICK /Getty Images

-« Mais la vraie révélation, c’est à Edmonton que c’est arrivé. J’avais déjà participé à une campagne d’éducation pour la prévention des bébés secoués. On avait fait un poster avec moi portant un bébé dans les bras. Je débutais dans la Ligue nationale. Je me suis beaucoup impliqué avec le Stollery Children Hospital d’Edmonton. 

-« À un moment donné, j’étais à Calgary quand j’ai reçu un appel. Un petit garçon d’une dizaine d’années demandait à me voir. Il allait mourir dans les heures à venir. Dystrophie musculaire. Je suis sauté dans mon char et j’ai roulé comme un malade de Calgary à Edmonton tellement je voulais arriver avant qu’il ne meure. À l’hôpital, je l’ai pris dans mes bras du mieux possible et je l’ai encouragé. Il n’avait pas la force de répondre mais j’ai vu ses yeux. Puis, je suis reparti très chaviré.

-« Une semaine plus tard, une de ses tantes m’a fait parvenir une coupure de journal. « UN ANGE NOUS A DONNÉ JORDAN UNE SEMAINE DE PLUS » disait la manchette. Savez-vous ce que c’est une semaine de vie de plus ? C’est plus que n’importe quoi. Une semaine ! Et la tante de Jordan Klymm me remerciait pour cette semaine de vie. Ça m’a bouleversé complètement. Ça été un tournant dans ma vie. C’est là que j’ai réalisé le vrai sens du hockey. Jouer, se battre, c’est juste de « l’entertainment ». J’ai compris que le hockey, c’était une plateforme pour tout le reste. Pour influencer les enfants, les encourager, les apaiser. Les faire évoluer. Un joueur a beau compter 50 buts, s’il ne comprend pas quel est son véritable rôle, c’est pas un grand homme.  

-« C’est pour ça que les œuvres caritatives, les visites aux enfants malades entre autres,  m’ont tellement aidé par la suite. Quand j’avais peur ou que j’étais anxieux, au lieu de boire ou de me droguer, je me donnais une tape dans la face et je me répétais que me battre le soir contre Probert ou un autre, c’était rien comparé au jeune qui se bat contre le cancer ou une autre terrible maladie. Tout au long de ma carrière, cette pensée m’a accompagné et a donné un sens à ce que je faisais comme joueur. Un coup de poing dans le front, c’était rien à côté des souffrances que je côtoyais.

-« Et puis Big, je ne joue plus au hockey mais je continue à m’impliquer. J’avais promis au Bon Dieu à Sorel de redonner s’Il m’aidait à vaincre le racisme et à jouer dans la Ligue nationale, j’essaie de tenir ma promesse… », de raconter Laraque. 

 Tout le reste, Georges l’a dit, c’est du divertissement. 

ÉditoGeorges LaraqueHockeyLa uneRéjean Tremblay

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